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Côte d’Ivoire : Le gouvernement veut « tuer » la liberté d’expression

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Côte d’Ivoire : Le gouvernement veut « tuer » la liberté d’expression

C’est un cadeau de noël certainement empoisonné que la presse ivoirienne et tous les amoureux de la liberté d’expression risquent de recevoir en cette fin d’année 2017. En catimini, le projet de loi contesté portant respectivement statut juridique de la presse et de l’audiovisuel a été mis à l’ordre du jour de la séance plénière du jeudi 21 décembre 2017 de l’assemblée nationale de la Côte d’Ivoire. Pour rappel, ce projet de loi a fait l’objet en mai 2017 d’une farouche opposition de la part des 13 associations de journalistes et professionnels de communication de la Côte d’Ivoire et de toutes les personnes éprises de liberté car, il porte atteinte à la liberté d’expression. En son article 90, il stipule ceci : « Est puni par un emprisonnement de 1 à 5 ans, et d’une amende de 300 000 à 3 millions de francs CFA quiconque par voie de presse incite au vol et au pillage, au meurtre, incite à la xénophobie, à la haine tribale… ». Plus loin, à l’article 99 il est dit que « quiconque se rend coupable du délit de diffamation par voie de presse ou par tout autre moyen de communication au public, est passible d’une amende allant de 1 à 3 millions de F CFA ». Ce projet de loi remet en cause l’acquis principal de la loi de 2004 portant régime juridique de la presse en Côte d’Ivoire à savoir « la dépénalisation des délits de presse » qui, signifie tout simplement qu’aucun journaliste ne peut être mis en prison pour ses écrits.

Fin mai 2017, le gouvernement ivoirien a dû suspendre le processus d’adoption de son projet de loi en raison des fortes critiques et contestations qu’il continue de susciter dans le milieu de la presse et de la communication en Côte d’Ivoire. Voici qu’à la surprise générale, ce processus est à nouveau engagé. Et ce, sans même que le projet de loi contesté n’ait subi une quelconque modification et sans que les personnes concernées par cette loi n’ait été consulté. Cela s’apparente à un coup de force et à une volonté absolue des autorités ivoiriennes « d’enterrer » la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. A peine ce « coup de force » porté à la connaissance, l’information a commencé à susciter des réactions. L’Association des Blogueurs de Côte d’Ivoire (ABCI) dans un communiqué a lancé cet appel : « Nous invitons donc les députés, élus du peuple et représentant le peuple à garantir son droit à la parole et son droit à l’exercice de son esprit critique, sans que leur liberté physique ou financière ne soit menacée ou entravée. Nos regards sont tournés ce matin vers l’Assemblée Nationale ! Il nous revient encore une fois de faire bouger la toile et de faire entendre nos voix ».

Quant au secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI), Guillaume Gbato, il peine à comprendre la volonté du gouvernement d’opérer un passage en force sur un sujet qu’il juge « aussi important pour l’avenir du pays ». « Nous avons demandé un large débat sur ces textes impliquant le gouvernement, le Parlement, les organisations professionnelles des médias et la société civile. Nous avons rencontré le ministre à qui nous avons exprimé nos inquiétudes, mais aussi nos attentes. Nous avons rencontré les députés membres de la Commission des affaires sociales et culturelles à qui nous avons expliqué l’urgence d’un débat de fond sur ces textes pour que nous ayons des lois consensuelles qui garantissent un développement harmonieux du secteur de la presse au profit de la démocratie et du développement de la Côte d’Ivoire. Ce débat n’a pas eu lieu et nous apprenons que les lois sont programmées, ce jeudi, en plénière pour être adoptées », s’est-il étonné. Le secrétaire général du SYNAPPCI condamne par ailleurs, la démarche du gouvernement qui dit-il « donne le sentiment de vouloir faire un passage en force. Nous espérons que nos préoccupations qui sont connues ont été prises en compte dans les nouvelles moutures des deux textes. C’est pourquoi nous en appelons à la grandeur d’esprit des députés pour qu’ils exigent du gouvernement le débat que nous demandons. Ou bien qu’ils fassent les amendements nécessaires pour éviter à notre pays des lois liberticides et attentatoires à la liberté de la presse. A défaut, nous combattrons ces lois jusqu’à ce qu’elles prennent en compte les intérêts vitaux des professionnels des médias ivoiriens et de la Côte d’Ivoire».

2 Comments

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